Sondage "Dites-nous tout"

Durant les mois d’octobre et de novembre 2016, près de 1'500 personnes ont bien voulu répondre au questionnaire de l’Église catholique dans le canton de Fribourg. Une majorité des réponses venaient de personnes croyantes et pratiquantes; près de 30 % étaient des personnes peu ou pas pratiquantes, tandis que 7 % disaient être baptisés, mais non croyants.

Nous les remercions chaleureusement d’avoir partagé avec franchise, parfois de façon très directe, leurs expériences et leurs sentiments. Chaque réponse a été lue et nous aide à mieux comprendre la perception du catholicisme dans le canton de Fribourg, dans toute sa variété.
Nous tenons aujourd’hui à partager publiquement quelques-uns des principaux résultats de ce sondage.

À la question de savoir si l’Église est compréhensible dans son langage, 16 % des réponses disent «très», 63 % «un peu» et 17 % «pas du tout». Le groupe des personnes de 20 à 39 ans est le plus fortement représenté dans cette dernière catégorie. Quant à savoir si l’Église est proche des réalités, 15 % des réponses la considèrent comme très proche, 48 % un peu (55 % des pratiquants) et 31 % pas du tout (20 % des pratiquants). Là encore, la catégorie des 20-39 ans est la plus critique.

En revanche, 51 % des réponses perçoivent fortement l’Église comme garante des valeurs et de la dignité humaine.
Dans les réponses sur les priorités à définir pour l’Église, l’importance accordée à l’action sociale est prononcée: elle se trouve valorisée par les non-pratiquants, et plus encore par les pratiquants. Il est encore plus frappant de constater que la solidarité et l’action sociale sont clairement placées en tête des priorités pour l’utilisation des ressources financières de l’Église: 52 % des réponses donnent à cette tâche la priorité maximale, avant même la vie des communautés (38 %) et l’entretien du patrimoine bâti (15 %). Cela ne signifie pas que les autres tâches ne doivent pas être remplies: 52 % des réponses attribuent une priorité «moyenne» à l’entretien du patrimoine bâti. Mais cela indique un sens aigu de l’attention prêtée au prochain, indissociable de la foi chrétienne.

Le sondage souhaitait en savoir plus sur les personnes non pratiquantes. Une question particulière demandait à cette catégorie pourquoi se considérer encore comme catholique. 66 % évoquent la participation aux mariages et enterrements, 41 % la tradition familiale, 31 % le souhait d’être enterré à l’église et 30 % le catholicisme comme identité.
La population catholique non pratiquante ne ferme pas complètement la porte à l’Eglise. Encore moins au message de Jésus-Christ! La baisse de la pratique n’est pas le signe du désintérêt complet. Mais cette population «éloignée» avance des attentes de messages plus concrets, des formats de messes différents.

L’Église n’est certes pas une institution qui change vite ou à tout moment selon le vent, mais elle écoute. Une réflexion nourrie par les indications données par ce sondage a débouché sur des orientations pastorales, promulguées par notre évêque, Mgr Charles Morerod, le soir de la Pentecôte 2017. Les remarques constructives lues dans les réponses au sondage et les interpellations qu’il adresse par rapport à la perception de l’Église dans ce canton vont aussi, à notre échelle cantonale, nous inciter à des efforts pour mieux annoncer le Christ dans notre environnement et nous efforcer de témoigner toujours plus d’un christianisme non seulement prêché, mais vécu, dans la ligne des exhortations du pape François, que nombre de réponses mentionnent spontanément comme un modèle et une source d’inspiration.

Résultats du sondage

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