Prière d'Avent

Noël évoque souvent l’image d’un bébé couché dans une crèche, entouré des bergers ou des mages. Et si nous nous arrêtions plus longuement à la sainte Famille en fuite ? L’évangile de Matthieu nous dit que Joseph est averti en songe, et il part de nuit avec Marie et l’enfant (Mt 2, 13–15).

 
Lorsque je regarde cette icône, je peux m’arrêter aux couleurs, aux formes, aux mouvements comme aux personnages et me laisser toucher par leur signification.

Le regard est attiré par Marie. Elle semble plus grande que les autres personnages. Elle se tient droite sur l’âne sans appui, mais elle est aussi penchée en avant. Elle forme comme un creux pour mieux protéger le bébé ou est-ce la gravité du moment et l’inquiétude qui s’expriment dans cette attitude ?
 
Joseph ferme la marche et regarde vers Marie et l’ange ; Marie regarde également l’ange, tandis que celui-ci regarde Marie. Que disent ces regards ? La certitude d’être conduit par Celui qui est le gardien d’Israël ? Ou l’appui qu’ils trouvent les uns dans les autres ? Pourrions-nous méditer cette icône en solidarité avec toutes celles et tous ceux qui se trouvent encore aujourd’hui sur les chemins de l’exil? En solidarité avec les familles dans les camps de réfugiés ?

À gauche dans le fond : un arbre épouse le mouvement du groupe et semble protéger la famille en fuite. On peut penser au chêne de Mambré (Gn 18, 1–15). Cette fuite en Egypte vue comme une autre visite de Dieu. L’enfant est né, il est le Sauveur, mais pour l’instant c’est lui qu’il faut sauver de la cruauté des hommes. Autour des tours de Jérusalem, on devine des corps d’enfants. La naissance de Celui qui est la Lumière et la Vie provoque la haine et la mort. Et c’est au coeur de cette humanité que l’Amour inconditionnel de Dieu vient se manifester !

Soeur Marie-Brigitte Seeholzer, ursuline