Catéchèse enfantine

Au mois de mars dernier, la Direction de l’instruction publique du canton de Fribourg (DICS), le Conseil épiscopal de l’Église catholique et le Synode de l’Église réformée ont donné leur accord à l’introduction progressive de la catéchèse dans le cadre de l’école enfantine. Présentation du projet avec Daniel Denis, responsable du Service de catéchèse et de catéchuménat de l’Église catholique dans le canton de Fribourg.

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Photos: Véronique Marchon

Comment est né ce projet de catéchèse à l’école enfantine?
Depuis deux ans, une expérience pilote de catéchèse dans le cadre de l’école enfantine (1H et 2H) est réalisée dans une quinzaine de cercles scolaires du canton. A chaque fois, l’enseignement était proposé par un duo de catéchistes, soit un catéchiste catholique et un réformé. Les catéchistes avaient préalablement suivi une formation spécifique en vue de cet enseignement.

Après les deux ans quel bilan tirez-vous?
Une évaluation globale a été entreprise auprès des paroisses et unités pastorales qui s’étaient engagées dans l’expérience, auprès des catéchistes (pour l’Eglise catholique) et catéchètes (pour l’Eglise réformée), auprès des enseignants concernés. Nous avons également demandé aux paroisses et unités pastorales qui ne s’étaient pas engagées, les raisons de ce non-engagement.
Le résultat de ce bilan est encourageant. De manière générale la phase pilote a été positive. Dans leur grande majorité, les paroisses et unités pastorales souhaitent poursuivre le projet. La plus grande difficulté pour l’avenir réside dans le recrutement de catéchistes, du fait qu’il manque déjà parfois des personnes pour les autres niveaux primaires (3H à 8H).
C’est pour cela que la décision a été prise d’introduire progressivement la catéchèse dans les classes enfantines en respectant les capacités pastorales des paroisses et unités pastorales.

Le fait que ce soit un projet œcuménique est-ce important?
Oui, la dimension œcuménique est essentielle. Cette expérience a permis aux deux Églises, catholique et réformée, de créer des liens, de se découvrir, de commencer à surmonter leur ignorance et leur préjugé l’une vis-à-vis de l’autre. Je pense que de part et d’autre, des peurs sont tombées.
Le projet a démarré avec des duos de catéchistes. Dans la pratique, il ne sera pas toujours possible d’avoir pour toutes les classes deux catéchistes, un réformé et un catholique. Il faut prendre en considération chaque situation locale, la proportion des enfants selon les confessions, les ressources humaines des paroisses, les horaires et occupations des classes selon les lieux, etc. Cependant, il est fondamental qu’il y ait une discussion avec l’Église partenaire. On ne démarre rien sans une concertation œcuménique et sans tenir compte de la situation et des sensibilités de chacune des deux Églises. Cette collaboration, qui appellera à vivre la subsidiarité, est une invitation a développé une confiance réciproque.

Concrètement, quelle forme prendra cet enseignement?
Le rythme proposé, en lien avec la DICS, est de 4 à 5 temps forts par an en lien avec la vie liturgique. Un plan d’étude a été établi. Il présente les lignes directrices, ensuite liberté est donnée à chaque équipe de catéchiste-catéchète de préparer leur déroulement.
Les catéchistes et catéchètes sont tenus de suivre une formation spécifique pour cet enseignement à l’école enfantine. Cette formation se fait en partenariat avec la DICS et la HEP. Pour l’année scolaire 2016/2017, une de ces journées de formation a déjà eu lieu le 28 mai, l’autre aura lieu le 18 juin. Puis chaque personne en formation aura une demi-journée d’observation en classe.

Quels sont les points positifs de cette catéchèse enfantine?
Cette première initiation à la foi chrétienne prend en compte la dimension spirituelle des enfants. J’estime que cela est primordial et très beau. Il faut dire aussi qu’il est apparu dans le bilan que cette catéchèse semblait plutôt stimuler l’Éveil à la foi, c’est un point très important car on pouvait craindre un effet inverse. Enfin, comme je l’ai mentionné auparavant, il y a les points positifs de la collaboration œcuménique.

Propos recueillis par Véronique Benz


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