La joie d’être au service de l’Église

«Toutes nos réunions devraient commencer par un temps de prière. Sachons remettre le Christ au centre de nos vies, et de nos rencontres», a demandé l’abbé Jean Glasson aux conseillers de paroisse du canton rassemblés le 22 septembre 2018 à l’Université de Fribourg.

Près de 240 conseillères et conseillers de paroisse, dont une vingtaine de germanophones, ont participé à cette demi-journée de formation organisée par le conseil exécutif de la Corporation ecclésiastique cantonale (CEC) et les vicaires épiscopaux.
Avant de débuter la formation, les vicaires épiscopaux, l’abbé Jean Glasson et le Père Pascal Marquard ont invité les participants à prier. L’abbé Glasson note l’importance de commencer chacune de nos séances et de nos rencontres par la prière. «Sachons remettre le Christ au centre de nos vies, de nos réunions et de nos séances. Si j’ai le feu de la présence de Dieu en moi alors j’aurai envie de témoigner de cette joie qui vient de Jésus-Christ.»

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L'abbé Jean Glasson et le Père Pascal Marquard

Église peuple de Dieu et corps du Christ

L’abbé Jean Glasson a abordé quelques éléments d’ecclésiologie. Il rappelle que ce qui fonde l’Église est la foi en Jésus-Christ mort et ressuscité. «De par notre baptême, nous sommes tous frères et sœurs. Nous marchons ensemble pour former l’Église peuple de Dieu et cela fait de nous des disciples et des missionnaires.»

Ce peuple de Dieu est structuré. «L’Église dans les Écritures est comparée à un corps», relève le vicaire épiscopal. «Le Corps forme une unité qui vit grâce à la collaboration de chaque membre. Il est important que chaque membre puisse mettre ses dons au service de la mission de l’Église. Et c’est ce que vous faites comme conseillères et conseillers de paroisse. La tête de l’Église ce n’est pas le curé, l’évêque ou le pape, mais le CHRIST. C’est le Christ notre chef à tous.»
De par ce fait l’Église est sainte, mais elle est composée de pécheurs. Faisant allusion aux récents événements qui secouent l’Église, l’abbé Glasson souligne : «L’Église sainte à laquelle nous adhérons est sainte par les sacrements, par la sainteté qui habite la grande partie de ses membres. Nous n’adhérons pas aux péchés et aux crimes de ses membres.»

Un système dual

Le fonctionnement de la vie de l’Église est différent d’un diocèse à l’autre et même en ce qui concerne notre diocèse, d’un canton à l’autre. Nous avons un système dual avec d’un côté une entité ecclésiastique et de l’autre une entité ecclésiale (pastorale). Il faut qu’il y ait une bonne collaboration entre les deux entités pour assurer la mission de l’Église. «Cette collaboration doit se faire dans le dialogue, le respect des personnes et des compétences de chacun. Nous devons travailler à cette collaboration, mettre de l’huile dans les rouages, chez nous cette huile c’est le Saint-Esprit», insiste l’abbé Glasson.
Il nomme les quelques domaines de compétences pastorales, qui ne sont pas du ressort du conseil de paroisse : la nomination d’agents pastoraux, leurs cahiers des charges, l’engagement des catéchistes professionnelles et bénévoles et leurs cahiers des charges, la conduite de la pastorale, la répartition des messes, la détermination de l’affectation des quêtes, l’usage des produits des lumignons, les troncs, les fonds spéciaux, les honoraires de messe. Pour le vicaire épiscopal la règle d’or entre les différents acteurs en Église est la charité : «aimer Dieu et vivre de cet amour».

Situation de l’Église dans le canton

Après avoir présenté quelques éléments statistiques (cf. encart) l’abbé Jean Glasson propose aux conseillers de paroisse de voir les éléments positifs qu’il y a dans notre Église. «Quelle chance nous avons d’avoir encore des prêtres qui se mettent au service de l’Église. Sachons soutenir nos prêtres qui sont d’abord des hommes de Dieu. Les demandes sacramentelles et les engagements sont encore importants. Réjouissons-nous de ces réalités qui se vivent. Il faut être lucide, il y a des éléments qui nous interrogent : une raréfaction de la pratique régulière, un vieillissement des communautés, les sorties d’Église, le manque de vocations… Citant le pape François, Jean Glasson encourage l’assemblée : « Ne vous laissez pas voler l’espérance.»
Le vicaire épiscopal défend la cure non comme un lieu administratif, mais d’abord comme le lieu de vie du prêtre et un outil pastoral. «La cure est un lieu connu, le prêtre doit en faire un lieu vivant d’accueil et de convivialité. Si le loyer de la cure est adapté par rapport au marché, c’est qu’il s’agit d’un logement de fonction.»
«Mon souhait pour l’avenir est que l’Église qui est dans ce canton soit de plus en plus joyeuse. C’est le Christ qui guide l’Église vers le Père par la force de l’Esprit saint. La grâce du baptême peut réaliser des merveilles. L’Évangile lorsqu’il est vécu avec cohérence parle à nos contemporains. Il ne tient qu’à nous personnellement et en communauté que nous essayons de vivre toujours davantage l’Évangile.»


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Georges Emery

L’organisation de l’Église en Suisse et à Fribourg

Dans une seconde partie, Georges Emery, président du Conseil exécutif de la Corporation ecclésiastique, présente l’organisation générale de l’Église catholique en Suisse, notamment le travail de la Conférence centrale catholique romaine (RKZ), association faîtières des organisations cantonales et ses liens avec la Conférence des évêques suisses (CES). «Tous les cantons ont une organisation cantonale telle que notre corporation ecclésiastique sauf les cantons du Valais, du Tessin et de Schwyz. En Suisse romande, seuls, les cantons de Fribourg et du Jura connaissent un impôt ecclésiastique.»

Puis il parle de l'administration de la CEC et de ses principaux organes. Tout d’abord, l’Assemblée de la CEC. Élue pour un mandat de 5 ans, elle est composée de 60 délégués, dont 40 représentants des paroisses, 8 agents pastoraux (prêtres, diacres ou laïcs), 2 religieux ou religieuses, 3 délégués des mouvements reconnus, 7 membres désignés par l’évêque.
Ensuite, le Conseil exécutif (organe exécutif de la corporation cantonale) est composé de 5 membres, dont 1 désigné par l’évêque et des deux vicaires épiscopaux qui ont une voix consultative. Il dirige et administre la CEC et la Caisse de rémunération des ministères paroissiaux (CMP). Il prépare les objets à l’intention des Assemblés, le budget et les comptes de la CEC et de la CMP. Le Conseil exécutif exerce une haute surveillance sur les paroisses et les associations des paroisses. «Nous ne sommes pas des policiers, nous sommes au service des paroisses pour les aider dans leur tâche administrative», souligne le président du Conseil exécutif. Enfin, la commission juridictionnelle composée de 5 membres, dont 2 doivent être des juristes et un doit être de formation théologique.

Georges Emery énonce également les principaux règlements de la Corporation ecclésiastique : le Statut des corporations ecclésiastiques catholiques du canton de Fribourg qui est la charte cantonale, le Règlement sur les paroisses qui présente notamment les devoirs des conseillers de paroisse, le Règlement concernant l’exercice des droits politiques ecclésiastiques et le Règlement concernant la tenue des registres paroissiaux qui n’est pas encore en vigueur. Il invite les conseillères et conseillers de paroisse à prendre «ces précieux documents» comme lecture de chevet.

Pour conclure son propos, Georges Emery a cité le pape François : «La pastorale en terme missionnaire exige d’abandonner le confortable critère pastoral du ‘on a toujours fait ainsi’. J’invite chacun à être audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés. Une identification des fins sans une adéquate recherche communautaire des moyens pour les atteindre est condamnée à se traduire en pure imagination.» (Evangelii gaudium 33)

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Patrick Mayor

Un soutien aux paroisses

Dans une dernière partie, Patrick Mayor, responsable des finances au sein du conseil exécutif a présenté quelques aspects financiers. « L’Église doit financer plusieurs domaines. La manière dont l’argent rentre est différente selon les diocèses et les cantons. Il y a l’impôt ecclésiastique, les dons volontaires, les fonds publics… Dans notre canton les finances proviennent essentiellement de l’impôt ecclésiastique, une grande partie de l’impôt provient des personnes physiques et une petite partie des personnes morales.

Au niveau Suisse, la répartition des finances est en moyenne la suivante : 85% des revenus restent au niveau de la paroisse, 13% financent des tâches cantonales, 1% est utilisé pour le niveau diocésain et 1% pour le niveau national. Patrick Mayor souligne que le canton de Fribourg est plus économe que la moyenne suisse puisque 87,5% des revenus restent au service des paroisses et que 12,5% du revenu regroupent le niveau cantonal, diocésain et national.

Patrick Mayor compare la Caisse de rémunération aux ministères paroissiaux (CMP) à une fiduciaire, car le principal objectif de la CMP est de payer le salaire des prêtres et agents pastoraux en paroisse, des prêtres retraités et des laïcs en formation. Elle assume également quelques mandats pour des personnes engagées par les paroisses.

La gestion financière de la paroisse est importante. Le responsable des finances insiste sur le fait que l’administration de la CEC a pour tâche de soutenir et d’aider les paroisses dans leur gestion administrative et financière. À cet effet la CEC a notamment préparé les documents pour les commissions financières afin de les aider dans leur contrôle des comptes. Elle met également à disposition des paroisses des plans comptables et des documents pour le contrôle des caisses.

Patrick Mayor souhaite que les conseillers de paroisse discutent davantage avec leurs délégués au sein de l’Assemblée de la CEC, ceci afin que les informations passent mieux entre la CEC et les paroisses. «À plusieurs reprises, lorsque j’ai rencontré des membres des conseils de paroisse, j’ai constaté qu’ils n’étaient pas au courant de ce qui avait été décidé et discuté au sein de la CEC. Les délégués sont des gens avec lesquels vous devez discuter et auxquels vous pouvez donner des choses à transmettre.»
La rencontre s’est terminée par un temps de questions et un apéritif convivial.

Véronique Benz

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Quelques statistiques:

Le canton de Fribourg compte 46 maisons de congrégations religieuses féminines et 24 maisons pour les religieux.
Les 121 paroisses sont regroupées en 20 unités pastorales, dont 3 unités pastorales intercantonales et une unité pastorale bilingue. Il y a 5 décanats francophones. Au service de cette pastorale dite territoriale (dans les unités pastorales) sont engagés professionnellement 55 prêtres et 100 agents pastoraux diacres ou laïcs.
À côté de la pastorale territoriale, il y a la pastorale catégorielle. Cette pastorale comprend les missions linguistiques (les 3 principales missions sont les missions de langues italienne, espagnole et portugaise), les 7 services du vicariat (la formation, la catéchèse, la solidarité, la jeunesse, la pastorale de la santé, la pastorale spécialisée et la communication) qui assume des tâches sur l’ensemble du canton.
Sont engagés professionnellement au service de la pastorale catégorielle dans la partie francophone: 6 prêtres et 124 agents pastoraux diacres ou laïcs et dans la partie germanophone: 2 prêtres et 16 agents pastoraux laïcs.