La Passion selon Marc, une passion après Auschwitz

Une création mondiale de Michaël Levinas à l’occasion des 500 ans de la Réforme, Vendredi saint 14 avril 2017 à 19h30 à la cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg.

Dans le cadre du jubilé de la Réforme, l’Église évangélique réformée du canton de Fribourg et l’Église catholique dans le canton de Fribourg, avec le soutien de la communauté israélite de Fribourg proposent Vendredi saint 14 avril 2017 à 19h30 la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg la passion selon Marc. Il s’agit de la première mise en musique du récit de la passion dans une perspective juive. En plus d’être une œuvre exceptionnelle, cette Passion selon Marc est également un magnifique projet œcuménique.

Présentation de l’œuvre

Fidèle au modèle des passions luthériennes, La Passion selon Marc. Une passion après Auschwitz reprend le texte intégral de l’évangile, selon Marc en l’occurrence (chapitres 14 et 15 ). Le récit de Marc est le plus ancien des quatre récits de la passion; il est aussi le plus bref, et donc le plus direct. À la différence des textes de Matthieu et de Jean, le récit de la passion dans l’évangile de Marc est en outre libre de toute orientation anti-juive. Comme base textuelle, le compositeur a choisi une traduction française du XIIIe siècle, transcrite pour l’occasion par Michel Zink de l’Institut. Le choix de l’ancien français obéit à la recherche d’une langue plus sonore et colorée que le français moderne, mais aussi d’une langue «dont le rythme et le sens fassent entendre une transmutation par le son du message sacré» (Michaël Levinas). Le compositeur y a associé des poèmes tirés des Mystères et Passions d’Arnoul Gréban (XVe siècle). C’est autour des Larmes de la mère que sera structuré le récit de la passion. Le récit de l’évangile sera encadré par deux sections qui le placent dans la perspective de la Shoah. Une section introductive, en hébreu et en araméen, commencera par le Kaddish, chanté par les voix d’hommes du chœur accompagné par l’orchestre et l’orgue. Elle continuera par la prière pour les morts El maleh Rachamim et s’achèvera par la lecture de noms des victimes de la Shoah, dits par l’évangéliste sur fond de murmure orchestral et de psalmodie chantée par le chœur mixte. La section conclusive sera formée de poèmes de Paul Celan, qui commencera par Espenbaum: le fils pleure sa mère qui n’aura jamais de cheveux blancs. Celan est un rescapé (alors que toute sa famille a été assassinée dans les camps). Ses poèmes sont sans conteste l’expression poétique la plus forte qu’a trouvée la mémoire de la Shoah. La langue allemande est une dimension constitutive de la poétique de Celan. Le travail de Celan sur la langue allemande cherche à arracher à cette langue le pouvoir de dire le souvenir de ceux qui ne sont plus et la souffrance de ceux qui survivent en retournant la langue allemande contre l’usage qu’en faisaient les poètes allemands. Pour le compositeur, l’un des enjeux essentiels consiste à inventer un langage musical qui s’affranchisse du modèle formé par les Passions de Bach.

Création: Michaël Levinas

Interprétation:
Orchestre de chambre et Ensemble vocal de Lausanne
Marc Kissoczy, direction
Magali Léger, soprano
Marion Grange, soprano
Guilhem Terrail, contre-ténor
Mathieu Dubroca, baryton
Nicolas Cheverau, maître de chant

Location: www.fribourgtourisme.ch
026 350 11 00

Informations: www.musique-temps-present.ch

Description détaillée du projet


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