Apprentissage du Notre Père

La prière du Notre Père s'apprend souvent en famille, mais aussi au catéchisme. Quel changement la nouvelle formulation apporte-t-elle à la catéchèse? Rencontre avec Corine Gérard, catéchiste au sein de l'UP St-Joseph à Fribourg

«Certains enfants ne savent pas le Notre Père»

Par Corinne Gérard, catéchiste au sein de l’UP St-Joseph

Lors de deux séances de catéchisme, nous avons parlé avec les enfants du changement de formulation du Notre Père. Dans chaque groupe, il y avait des enfants qui étaient au courant du changement et pour lesquels c’était quelque chose de connu.
Ils ont trouvé que ce changement était minime puisque pour eux cela ne voulait absolument pas dire que Dieu nous soumet à quelque chose. Pour les enfants, il était clair que cette tentation vient de nous et que Dieu est plutôt là pour nous aider à ne pas, justement, être pris dans cette tentation. Par conséquent, pour eux le fait de dire «ne nous laisse pas entrer en tentation» ne change rien. Les enfants n'étaient pas du tout choqués par l'autre formule parce qu'ils ne la comprenaient pas dans le sens: Dieu veut nous soumettre à quelque chose.

La tentation vue par les enfants

Les plus petits, les 3H ou 4H, ne se posent pas forcément la question de ce que signifient les paroles du Notre Père. Je ne leur explique pas systématiquement ce que veut dire la prière. Si tout à coup une question surgit, alors nous discutons et j’entre un peu plus dans l’explication.
Par contre, avec les 5H nous voyons vraiment dans la Bible, chez saint Mathieu, comment Jésus apprit cette prière à ses apôtres. Nous en étudions chaque phrase. Nous essayons de voir les différences. Nous leur demandons à quoi cela leur fait penser que ce soit dans la Bible, dans la liturgie ou dans leur vie.
Chaque année, je suis émerveillée par les liens et les découvertes que font les enfants. Je me dis «cette fois ils ont tout dit, j'ai tout entendu» eh bien non, ils trouvent toujours des liens à faire et ils trouvent toujours des découvertes derrière ces phrases!

Nous avons parlé de la tentation dans le programme de 4H. C’était durant le temps de carême, nous avons étudié le baptême de Jésus, puis les 40 jours de Jésus au désert.
C’était véritablement la première fois, que nous parlions et expliquions ce qu’est une tentation. Nous voyons le diable qui vient vers Jésus. Nous leur expliquons que le mot diable signifie diviseur, celui qui sépare. Nous essayons de découvrir avec eux qui le diable essaie de séparer? Jésus de Dieu. Nous étudions la manière de réagir de Jésus et comment il répond par la Parole de Dieu.
En 5H, nous avons une leçon sur le jardin d’Éden, avec Adam, Ève et le serpent.  Dans chaque groupe, il y a toujours un enfant qui me dit: «mais ce serpent il est en nous, ça vient de nous, il est chez tout le monde. Nous devons faire attention, nous ne devons pas l'écouter». En faisant des liens avec Jésus au désert, les enfants arrivent bien à comprendre comment Jésus fait pour résister à cette tentation et comment Ève oublie Dieu et tombe dans la tentation.

La prière en famille

Il arrive très souvent que les enfants de 3H ne savent pas le Notre Père. Nous devons le leur apprendre. Afin de les aider à mémoriser, nous prenons souvent le Notre Père gestué. Le plus difficile étant de le réciter de manière recueillie et pas simplement de le savoir par cœur.
Quelques élèves le savent déjà et le prient en famille. D’autres ne savent même pas faire le signe de croix!

Nous espérons que grâce au ‘caté’, le Notre Père, mais aussi les textes bibliques arrivent au sein des familles. Dans certaines familles, il y a une discussion entre les parents et les enfants, mais pour d'autres familles, nous savons que ce qui se passe au ‘caté’ s'arrête à la porte de la salle.
Nous avons prévu de donner aux enfants des petites cartes avec la nouvelle formulation du Notre Père. Nous allons leur demander de les amener chez eux.
Nous leur avons offert cette année une boîte à prières dans laquelle ils reçoivent à chaque rencontre une carte de prière qu’ils peuvent amener à la maison. Nous espérons que cela soit aussi utilisé dans les familles. Il y a des retours des parents qui nous disent merci pour ces belles cartes que leurs enfants reçoivent. Un papa a installé un coin prière pour son enfant justement grâce à ces petites cartes de prière.