Vivre la Semaine sainte, durant cette période de confinement

 

La pandémie continue d’impacter nos vies. D’une manière ou d’une autre, nous sommes tous touchés. Je salue les actions des agents pastoraux et de très nombreux baptisés qui déploient une grande créativité pour rester, malgré tout, proches de toute personne dans le besoin. Je remercie en particulier celles et ceux qui assurent la présence de l’Eglise dans les hôpitaux et les EMS ou qui, dans les paroisses, accompagnent les familles en deuil.
Nous voilà au seuil de la Semaine sainte durant laquelle nous allons fêter le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, notre Seigneur. La question que nous avons tous à l’esprit: comment bien vivre cette Semaine sainte et la fête de Pâques durant cette période de distance physique entre nous?

Suite à un document du cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin , et des directives que la Conférence des évêques suisses (CES) a publiées, voici quelques orientations qui permettront de vivre ces jours saints dans une certaine communion ecclésiale. 

Je vous invite aussi à suivre les messes proposées par les divers médias et à lire les lectures du jour.

Avec tous les Services de la pastorale des jeunes de Suisse romande, Formule Jeunes propose une montée vers Pâques online intitulée Pâques chez moi.

La pastorale familiale du canton suggère des pistes pour vivre ce temps en famille.

Le Service de la catéchèse, du catéchuménat et de l'enseignement religieux a également préparer des propositions pour accompagner parents et enfants durant ce temps de désert exceptionnel.

Les églises du canton restent ouvertes pour la prière personnelle.

Comme notre pape et notre évêque nous l’ont rappelé, nous pouvons recevoir tous les effets de la communion si, empêchés de recevoir l’Eucharistie sacramentellement, nous suivons la messe ou prenons un temps de prière pour vivre la communion de désir. Celui-ci comportera une demande de pardon, un acte de foi en la présence du Christ présent dans l’Eucharistie et le désir profond de le recevoir. Après un temps de silence, il se conclura par une prière d’action de grâce. 

1. Dimanche des rameaux: entrée du Christ à Jérusalem

Même sur l’écran de la télévision ou de l’ordinateur, il est possible de vivre les célébrations avec un rameau qui symbolise notre joie d’accueillir le Christ qui veut entrer dans nos vies et qui nous appelle à le reconnaître comme le Fils de Dieu.

2. Jeudi saint: dernière Cène, institution de l’eucharistie et du sacrement de l’ordre

Dans une démarche œcuménique, la CES demande à toutes les paroisses et communautés religieuses de faire sonner les cloches à 20h pendant un temps prolongé pour marquer notre solidarité priante et rendre grâce à Dieu pour le don de l’eucharistie et du sacerdoce ministériel.

Comme les évêques nous y invitent depuis le début de l’épidémie, je vous propose de disposer une bougie sur le rebord de vos fenêtres pour marquer notre communion avec les malades, les familles en deuil et tous ceux qui se dévouent au service de leur prochain en cette période douloureuse. La prière du Notre Père accompagnera cette démarche. Nous nous unirons ainsi à la prière du Christ en son agonie à Gethsémani.

3. Vendredi saint: mort du Christ sur la croix

Je vous invite en ce jour particulier à vivre le jeûne (dès l’âge de 21 ans et jusqu’à la 60e année) qui consiste à se priver substantiellement de nourriture et l’abstinence (dès l’âge de 14 ans révolus) qui est la privation de viande. Par-là, les fidèles rejoignent, de cœur et en fait, tous ceux qui, partout dans le monde, sont dans la souffrance ou dans le besoin.

Je vous suggère également de passer cette journée en présence d’une croix ou d’un crucifix qui sera bien mis en évidence dans la maison et que vous pourrez vénérer d’un baiser à 15h en relisant l’évangile de la passion ou en suivant la célébration de la croix.

4. Samedi saint: Jésus est au tombeau et ressuscite dans la nuit de Pâques

Ce jour est vécu encore plus intensément cette année comme un jour «vide». Nous veillons le Christ au tombeau. Durant la très sainte nuit de Pâques, la lumière de la résurrection déchire les ténèbres de la mort. Je vous invite à confesser notre foi en la victoire du Ressuscité et à renouveler votre engagement baptismal en disposant un cierge ou une bougie sur le rebord de vos fenêtres.

5. Dimanche de Pâques: le Christ est ressuscité!

Au cœur du drame que nous vivons, l’Eglise nous invite à entrer dans la joie et l’espérance de la résurrection: le mal et le péché n’ont pas le dernier mot, mais c’est la vie et l’amour qui sont victorieux!

Dans une démarche œcuménique, la CES demande à toutes les paroisses et communautés religieuses de faire sonner les cloches à 10h pendant un temps prolongé pour manifester l’immense joie de la résurrection.
Je vous invite tous à disposer un tissu blanc à vos fenêtres. Il est souhaitable d’y inscrire (ou sur une pancarte qui l’accompagne) notre confession de foi: «Le Christ est ressuscité!» ou «le Christ est vivant!». Une parole d’espérance pourra y être adjointe: «Gardons courage!» ou «Soyons dans l’espérance!».

Avec notre évêque, je vous remercie de tout mettre en œuvre pour que les chrétiens se démarquent, au cœur de la tempête, comme des témoins de «la force agissante de l’Esprit déversée et transformée en courageux et généreux dévouements» (Pape François, Prière pour la fin de la pandémie, 27 mars 2020)!

Belle et sainte fête de Pâques à chacune et chacun!

Abbé Jean Glasson, vicaire épiscopal

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