Prière de carême au vicariat

Durant le temps du carême l’abbé Jean Glasson, vicaire épiscopal pour la partie francophone du canton, a proposé à ses collaborateurs de se retrouver chaque semaine pour un temps de prière, suivi d’un temps de partage autour d’un repas. Reflet du mercredi 13 mars.

Evangile 

Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui: c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus: «Maître, il est bon que nous soyons ici! Faisons trois tentes: une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie.» Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre: «Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi: écoutez-le!» Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu. 

(Luc, 28b-36)

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Méditation

 

«Maître, il est bon que nous soyons ici!», articule Pierre, bouleversé.

Avons-nous déjà goûté cette même expérience?
Peut-être ces disciples nous rejoignent-ils dans nos fatigues et nos peurs, et aussi dans ces montagnes que nous réussissons à gravir, avec fierté, et qui nous permettent d’écouter la voix du Fils?
Ou encore, leur silence après cet événement nous touche-t-il, sachant pertinemment qu’il en va tout autrement pour nous, aujourd’hui, puisque ce monde attend notre propre témoignage? 

Renouvelons notre désir de suivre Jésus jusqu’à sa révélation ultime, le jour de Pâques vers lequel nous avançons confiants, mettant nos pas dans ceux des disciples.

 

Espace disponible
L’attention au soi profond conduit à un dépassement de soi: l’image fait rechercher l’Archétype. Attention à soi et attention à Dieu, sont comme deux mouvements imbriqués et complémentaires, la respiration de notre être profond: Seigneur Jésus (attention à Dieu) aie pitié de moi pécheur (attention à soi).
La prière, c’est entrer dans le cœur profond, y demeurer en paix dans une écoute disponible de ce mystère de foi qui se réalise dans l’union du cœur avec le Christ. L’attention à Dieu est œuvre de foi et d’amour; son fruit est l’union d’amour et la connaissance qui en naît. Dieu n’est pas un objet qu’on regarde. Il n’est pas non plus le moi devenu transparent à soi-même, ou sujet connaissant et objet sont en entités les mêmes.
Dieu est autre que tout cela, et il ne peut être connu que dans sa propre lumière. L’attention à Dieu est davantage la disponibilité à cette lumière divine, qui a rayonné sur la face du Christ et qui rayonne par la grâce dans nos cœurs, qu’une activité de notre intelligence. Elle est d’abord pauvreté, foi, espace disponible, nudité et liberté.

(Calendrier Saint-Paul, un chartreux, Le chemin du vrai bonheur)