Compostelle 2017

Une troisième édition, dans une autre région, sur un autre chemin, avec un autre thème de réflexion. La plupart des participants de l’an passé sont revenus et aussi quelques autres bénévoles, 56 personnes en tout. La démarche qui s’est imposée naturellement la première année est devenue la composante : ensemble sur le chemin.

Ce lundi 1er mai, nos bus nous ont amenés dans les environs de Vézelay et nous avons marché jusqu’à la colline dominée par une superbe basilique, celle de Sainte Marie-Madeleine, plusieurs fois centenaire. Point d’arrivée de ce premier jour de marche, Vézelay, patrimoine mondial de l’Unesco, est une étape sur un des Chemins de Compostelle venant du Nord.

La semaine avait été annoncée maussade et pluvieuse, presque de quoi remettre en question le projet, et pourtant nous avons marché sans pluie, à la surprise générale. La pluie avant, après, ailleurs oui, mais pas sur nos pas, ce fut comme un miracle. Deux ânes, qui auraient pu ne pas être là cette année pour différentes raisons, ont à nouveau donné le tempo de notre marche et motivé ceux et celles qui tenaient les quatre cordes. La randoline a permis à plusieurs, à tour de rôle, de se reposer un peu.

Les pronoms personnels ont été la source du thème de cette année : JE - TU - NOUS, que nous avons essayé d’extraire du « ON », ce pronom indéfini très populaire de nos jours. Deux petites activités nous ont aidés dans cette démarche. La première consistait à remplir une carte d’identité avec : mes qualités, ce que j’aime ou n’aime pas, une de mes joies, mes animaux et fruits préférés. Carte que nous avons échangé le troisième jour pour que chacun et chacune puisse dire « TU ». Le dernier jour, sur nos tables de pique-nique, par groupes de huit nous avons collé nos cartes, faisant office de pétales, pour former des fleurs.

Dans la deuxième activité, des fruits nous ont aussi aidés à comprendre la complexité du vivre ensemble. Le premier jour, des pommes peintes sur un arbre pour le « ON », le mardi une pomme sur la table pour dire JE et au troisième jour, la pomme se découvre entourée. Elle dit alors : « TU es un ananas, TU es une banane, TU es une orange ... ». L’histoire finira en NOUS. Mais quel ensemble ? Celui de la corbeille de fruit, image d’un ensemble individualiste, celui des JE les uns à côté des autres ? Mais quel ensemble ? Celui de la marmelade où chacun aura perdu sa propre identité, l’unité totale sans la diversité ? Mais quel ensemble ? Celui de la salade de fruits où la vie ensemble nous « coupe en quatre », sans que nous perdions pour autant notre personnalité ? (Parabole de Jacques Loew).

Stéphane, comme l’an passé, nous a permis de ponctuer nos journées de chants et réflexions. Oui, « La paix, elle aura ton visage. La paix sera toi, sera moi, sera nous. La paix sera chacun de nous ».

Nous avons marché dans un décor de nature bien différent des deux années précédentes, en bordure du parc naturel du Morvan, dans le nord de la Bourgogne. Luc et Élisabeth ont joué parfaitement leur rôle de guide au travers de cette France profonde avec ses villages qui peinent à vivre, même si nous n’étions qu’à deux cent kilomètres de Paris. Des troupeaux de vaches charolaises paissaient dans les prés. Des bêtes impressionnantes ! Sur les bord du canal navigable du Nivernais nous avons fini notre marche, à côté d’une écluse, avec le soleil. C’était très beau.

Nous avons dormi dans les bungalow d’un village vacance, la nourriture était bonne et l’équipe de cuisine sympa. Les « au revoir » émouvants du vendredi matin étaient chargés de merci, de joie, et de tendresse, car au milieu de nous, le « NOUS », ce JE pluriel avec le TU, avait pris ses quartiers nous enivrant de bien-être personnel.

Michel Chardonnens, 6 mai 2017, au lendemain de cette aventure exceptionnelle !
Compostelle 2017