Octobre 2019: un Mois missionnaire extraordinaire

Selon le souhait du pape François le mois d’octobre 2019 sera un Mois missionnaire extraordinaire. Les délégués au Conseil pastoral fribourgeois ont réfléchi à la manière de le vivre dans le canton. Ils étaient réunis en assemblée le 21 février 2019 à Fribourg.

«Chaque année, le mois d’octobre est le mois de la Mission universelle, mais le mois d’octobre 2019 sera spécial. En effet, le pape François a proclamé qu’il serait un Mois missionnaire extraordinaire. Il a mandaté les Œuvres pontificales missionnaires (appelé en Suisse Missio) pour coordonner ce mois», explique Sylvie Roman, coordinatrice du bureau romand de Missio.
«Le Mois missionnaire extraordinaire sera placé sous le thème 'Baptisés et envoyés: l’Église du Christ en mission dans le monde'. La Conférence des évêques suisses (CES) et Missio ont réuni un groupe de travail en vue de proposer une campagne à l’occasion de ce Mois extraordinaire. Les paroisses, mais aussi les mouvements, les congrégations et les diverses communautés sont invités à faire du Mois missionnaire d’octobre 2019 un mois extraordinaire. Chaque baptisé est appelé à y participer.»

Le but de ce mois missionnaire extraordinaire est de susciter une plus grande de conscience de la mission ad gentes et de reprendre avec un nouvel élan la transformation missionnaire de la vie et de la pastorale. Sylvie Roman expose les quatre dimensions qui peuvent être développées lors de ce mois missionnaire.
1. La rencontre personnelle avec Jésus-Christ vivant dans son Église:
2. Le témoignage de saints et de martyrs
3. La formation biblique catéchétique, spirituelle
4. La solidarité missionnaire: soutien matériel à l’immense action d’évangélisation

Après cette brève présentation de Sylvie Roman, les membres du Conseil pastoral cantonal ont travaillé en petit groupe afin de réfléchir à quelques propositions d’action pour ce mois extraordinaire de la mission.
En lien avec la rencontre personnelle, les délégués ont constaté que comme catholique nous vivons notre foi, mais que nous communiquons assez peu sur elle. «Nous prononçons très peu le nom du Christ autour de nous. Pourquoi ne pas nous lancer pour témoigner davantage dans notre entourage et nos lieux de vie?»
La prochaine canonisation de Marguerite Bays sera l’occasion de découvrir ou redécouvrir le témoignage d’une sainte de chez nous. En ce qui concerne la formation, les membres du Conseil pastoral soulignent que la mission se vit d’abord là où nous sommes, dans nos communautés, nos paroisses, nos unités pastorales. Comme signe visible pour ce mois extraordinaire de la mission il serait bien que nous ayons une orientation épiscopale.
Les idées à développer dans le domaine de la solidarité missionnaire ne manquent pas: faire un repas de soutien animé par des chants des 5 continents, ou faire un repas avec de la cuisine des 5 continents pour mettre l’accent sur l’universalité de l’Église.

Pourquoi ne pas faire un laboratoire d’innovations missionnaires au niveau du canton? Un signe visible, une banderole avec le logo, sera à disposition pour exposer dans les églises. Missio propose différents moyens et outils pour vivre ce Mois missionnaire. Le rôle des membres du Conseil pastoral est d’être des relais: parler de ce Mois missionnaire extraordinaire au sein de leur unité pastorale, mais aussi apporter des idées pour le vivre.


«Tu vas convaincre un autre de devenir catholique? Non, non, non!
Tu vas à sa rencontre, c’est ton frère! Et cela suffit. 
Tu vas le rencontrer et le reste c’est Jésus qui le fait.»

pape François

Retrouvez toutes les informations sur ce Mois missionnaire extraordinaire sur le site: www.baptisesetenvoyes.ch

WMS_2019_Logo_cmyk_vekt_Baptises_et_envoyes.jpg

Catéchèse scolaire

Le second thème abordé par les délégués était la catéchèse dans le cadre scolaire. La catéchèse est extrêmement importante au niveau de l’annonce de la foi, mais aussi, dans notre canton, par l’engagement que cela nécessite du fait que l’Eglise doit assumer une heure hebdomadaire de catéchèse scolaire. Les membres du Conseil pastoral ont relevé les nombreuses joies de cet apostolat et les difficultés.
La discipline est problème récurrent. «Souvent les enfants ne sont pas motivés. La catéchiste n’a pas de moyens de répressions, il n’y a pas d’évaluation. Les catéchistes ne sont pas toujours soutenus par les enseignants.»
«Autrefois, nous étions immergés dans un milieu familial et social avec un certain nombre d’acquis. Que pouvons-nous transmettre lorsque tout le climat familial est hors de la religion? Avec nos programmes ne sommes-nous pas au-delà de ce que nos catéchisés sont capables de recevoir? Sans abaisser le niveau, n’y aurait-il pas d’autres propositions qui tiennent davantage compte du milieu culturel dans lequel nous nous trouvons?»
«La catéchèse centrée sur la Parole de Dieu est très appréciée. Petit à petit les enfants sont confrontés à la parole et elle les rejoint. Cependant si les éléments fondamentaux ne sont pas transmis à la maison, il faut les enseigner à l’école (que signifie croire, qu’est-ce que la prière…). À côté de la Parole de Dieu, il faudrait réintroduire des contenus objectifs dans la catéchèse.»
«Il est difficile de mettre ensemble les enfants qui n’ont pas envie de faire la catéchèse et ceux qui sont motivés. Il y a de plus en plus de décalage entre les enfants qui reçoivent des connaissances à la maison et qui vivent leur foi en famille, et ceux qui n’ont aucune connaissance. La question se pose: ne devrait-on pas faire des groupes en fonction du cheminement de foi de l’enfant?»

Le manque d’implication des parents est relevé à plusieurs reprises. «Peu de parents viennent aux messes des familles. Lorsqu’on leur demande une participation, nous avons l’impression qu’ils sont toujours débordés. Il est par conséquent de plus difficile de faire le lien entre la catéchèse et la vie paroissiale.»
Les délégués ont noté qu’un point important était la formation des catéchistes, notamment leur formation spirituelle. «La responsable la catéchèse au sein de l’équipe pastorale soit rencontrer régulièrement les catéchistes. Elles ont besoin d’être soutenues.»
Le manque de relève parmi les catéchistes se fait également sentir. Le recrutement des catéchistes est de plus en plus difficile, car les mamans travaillent. Il y a des personnes qui s’engageraient, mais qui souhaiteraient être rémunérées.
Les unités pastorales inter-cantonales constatent leur difficulté à collaborer avec deux systèmes de catéchèse différents.
«Combien de temps pourrons-nous encore profiter de la catéchèse à l’école? Comment nous préparons-nous à l’éventuelle perte de cette heure scolaire?»

Toutes les remarques et questions des délégués seront transmises au Service catholique de catéchèse, du catéchuménat et de l'enseignement religieux afin de réfléchir à cette grande mission qu’est l’annonce de la foi auprès des enfants.

Véronique Benz