Changements climatiques et surconsommation

Dieu confie à l’homme le jardin de la terre pour que celui-ci le garde et le cultive (Genèse 2). La sauvegarde de la création fait partie de la justice sociale à laquelle le pape François nous appelle, dans le chapitre 4 de son Exhortation La joie de l’Évangile (no 177-258) : « En tant qu’êtres humains, nous ne sommes pas les simples bénéficiaires, mais les gardiens de l’ensemble de la création et des autres créations. […] Ne faisons pas en sorte qu’à notre passage demeurent des signes de destruction et de mort qui frappent notre vie et celle des générations futures » (Evangelii gaudium, no 215).

Le thème du changement climatique est très présent dans l’Écriture :

  • soit parce qu’il y a trop d’eau, avec le déluge (Genèse 6-9) ;
  • soit pas assez, quand règnent les sept années de vache maigre du temps de Joseph en Égypte (Genèse 41, 25-32) ou la sécheresse à l’époque d’Achaz et d’Élie (1 Rois 17) ;
  • soit du fait que des maladies ou des bestioles s’attaquent aux plantes, par exemple la rouille et les chenilles qui dévorent (Amos 4, 9), les criquets et les sauterelles qui détruisent tout sur leur passage (Joël 1, 4).
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Haïti : bassin fluvial. Photo : Action de Carême / Marti Casanellas 

De tous temps, l’homme est aux prises avec une nature difficile, parfois excessive. Se pose la question : les êtres humains portent-ils aussi une responsabilité dans ce qui advient ?

L’avis du prophète (Jérémie 5, 20-31)

Pour Jérémie, il existe un ordre naturel voulu par Dieu, qui « a mis le sable comme limite à la mer, frontière définitive qu’elle ne dépassera pas » (5, 22). Le Seigneur « donne la pluie au bon moment, […] et il garde les semaines fixées pour la moisson » (5, 24). Mais les hommes ont le cœur borné (5, 21) et ils ne respectent pas le Créateur (5, 22), ils dressent des pièges aux oiseaux et y attrapent des hommes, ils deviennent de plus en plus riches et gras (convoitise), ils maltraitent l’orphelin et les pauvres (5, 26-28). Ils dépassent le record du mal comme la mer dépasse ses frontières. Il y a un lien entre les problèmes climatiques et l’attitude de l’homme. Quand les humains outrepassent leurs limites, ils perturbent l’harmonie cosmique. « Ce sont vos crimes qui perturbent cet ordre, vos fautes qui font obstacles à ces bienfaits divins » (5, 25). Jérémie relie le tout : la surconsommation et le manque d’attention pour les plus faibles menacent un fragile équilibre, les relations homme – nature, homme – homme et homme – Dieu sont d’une certaine manière associées.

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Haïti : travailleur au reboisement. Photo : Action de Carême / Patricio Frei  
Voir, juger et agir

La Bible nous invite donc à observer, à bien analyser, et à réagir en fonction. Aux pharisiens qui lui demandent un signe du ciel, Jésus répond : « Le soir venu, vous dites  'Il va faire beau temps, car le ciel est rouge feu […]' . Ainsi vous savez interpréter l’aspect du ciel, et les signes des temps, vous n’en êtes pas capables. […] En fait de signe, il ne vous en sera pas donné d’autre que celui de Jonas » (Matthieu 16, 2-4).

Face aux questions météorologiques, les hommes sont habiles, plus encore aujourd’hui. Pourquoi ne sommes-nous pas capables d’interpréter tous les autres signes de la nature pour améliorer l’avenir, à court et à long terme ? Pourquoi, comme les chefs du peuple, sommes-nous aveugles au point de ne pas découvrir le vrai signe venu du ciel, celui de Jonas (resté trois jours dans le monstre marin), la présence du Christ mort et ressuscité ? Dans l’Évangile, quand il dit cela, le Christ vient de multiplier les pains. Le voilà, le signe à reconnaître : la possibilité d’avoir assez à manger pour la foule !

Une recette : moins pour nous, assez pour tous

« Ne me donne ni indigence ni richesse, dispense-moi seulement ma part de nourriture. Car, trop bien nourri, je pourrais te renier […], ou dans la misère, je pourrais voler […] » (Proverbes 30, 8-9). Cette demande ressemble à celle du Notre Père : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ». Une nourriture simple et quotidienne suffit. Il n’est pas nécessaire de nous laisser prendre dans la spirale du « toujours plus ». Nous le demandons pour tous les hommes, afin que chacun soit nourri.

La démarche du carême 2015 nous invite :

  • à voir le dérèglement climatique et les enjeux de surconsommation qui y sont liés ;
  • à discerner notre style de vie et choisir la simplicité ;
  • à agir en vivant comme membres de la famille humaine, respectueux de la planète et serviteurs de ceux qui ont faim.

Monique Dorsaz, Vincent Lafargue et François-Xavier Amherdt - ABC

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Changements climatiques et surconsommation Climat et surconsommation

A propos de l'Action de carême 2015
Dieu confie à l’homme le jardin de la terre pour que celui-ci le garde et le cultive (Genèse 2). La sauvegarde de la création fait partie de la justice sociale à laquelle le pape François nous appelle, dans le chapitre 4 de son Exhortation La joie de l’Évangile (no 177-258)

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Carême: «Moins pour nous. Assez pour tous.» Carême

En 2015, la campagne d’Action de Carême, Pain pour le prochain et Etre partenaires s’intéresse à la manière dont notre consommation de viande, les changements climatiques et la faim dans les pays du Sud sont interreliés.

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