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Mystère pascal et vigile pascale

Pour aller plus loin

Pour aller plus loin

Vous trouvez ci-dessous quelques extraits de textes qui vous permettent d’approfondir les thèmes proposés dans le carnet de route.

❶  Préparation du cierge pascal

Pape Benoit XVI
Homélie de la vigile pascale, basilique St-Pierre, dimanche 7 avril 2012

Chers amis, je voudrais enfin ajouter encore une pensée sur la lumière et sur l’illumination.

Durant la vigile pascale, la nuit de la nouvelle création, l’Église présente le mystère de la lumière avec un symbole tout à fait particulier et très humble : le cierge pascal. C’est une lumière qui vit en vertu du sacrifice. Le cierge illumine en se consumant lui-même. Il donne la lumière en se donnant lui-même. Ainsi il représente d’une façon merveilleuse le mystère pascal du Christ qui se donne lui-même et ainsi donne la grande lumière.

En second lieu, nous pouvons réfléchir sur le fait que la lumière du cierge est du feu. Le feu est une force qui modèle le monde, un pouvoir qui transforme. Et le feu donne la chaleur. Là encore le mystère du Christ se rend à nouveau visible. Le Christ, la lumière, est feu, il est la flamme qui brûle le mal transformant ainsi le monde et nous-mêmes. « Qui est près de moi est près du feu », exprime une parole de Jésus transmise par Origène. Et ce feu est en même temps chaleur, non une lumière froide, mais une lumière dans laquelle se rencontrent la chaleur et la bonté de Dieu.

Pape Benoit XVI
Homélie de la vigile pascale, basilique St-Pierre, dimanche 23 avril 2011

Deux grands signes caractérisent la célébration liturgique de la veillée pascale.

Il y a d’abord le feu qui devient lumière. La lumière du cierge pascal, qui au cours de la procession à travers l’église enveloppée dans l’obscurité de la nuit devient une vague de lumières et nous parle du Christ comme véritable étoile du matin, qui ne se couche pas éternellement – du Ressuscité en qui la lumière a vaincu les ténèbres.

Le deuxième signe est l’eau. Elle rappelle d’une part les eaux de la mer Rouge, l’effondrement et la mort, le mystère de la croix. Ensuite cependant, elle se présente à nous comme une eau de source, comme un élément qui apporte la vie dans la sécheresse. Elle devient ainsi l’image du sacrement du baptême, qui nous rend participants de la mort et de la résurrection de Jésus Christ.


❷  Exultet ou annonce de Pâques

Pape Benoit XVI
Homélie de la vigile pascale, basilique St-Pierre, dimanche 7 avril 2012

Le grand hymne de l’Exultet, que le diacre chante au début de la liturgie pascale, nous fait encore remarquer d’une façon très discrète un autre aspect. Il rappelle que ce produit, la cire, est dû en premier lieu au travail des abeilles. Ainsi entre en jeu la création tout entière. Dans la cire, la création devient porteuse de lumière. Mais, selon la pensée des Pères, il y a aussi une allusion implicite à l’Église. La coopération de la communauté vivante des fidèles dans l’Église est presque semblable à l’œuvre des abeilles. Elle construit la communauté de la lumière. Nous pouvons ainsi voir dans la cire un rappel fait à nous-mêmes et à notre communion dans la communauté de l’Église, qu’elle existe afin que la lumière du Christ puisse illuminer le monde.


❸  Liturgie de la Parole

Pape Benoit XVI
Homélie de la vigile pascale, basilique St-Pierre, samedi 23 avril 2011

Les grands signes de la création, la lumière et l’eau, ne sont pas les seuls à faire partie de la liturgie de la veillée pascale. Une caractéristique absolument essentielle de la veillée, c’est aussi le fait qu’elle nous conduit à une importante rencontre avec la parole de la Sainte Écriture.

Avant la réforme liturgique, il y avait douze lectures de l’Ancien Testament et deux du Nouveau Testament. Celles du Nouveau Testament sont restées. Le nombre des lectures de l’Ancien Testament a été fixé à sept mais, selon les situations locales, il peut aussi être réduit à trois lectures. À travers une grande vision panoramique, l’Église veut nous conduire, tout au long du chemin de l’histoire du salut, depuis la création, à travers l’élection et la libération d’Israël, jusqu’aux témoignages prophétiques, grâce auxquels toute cette histoire se dirige toujours plus clairement vers Jésus Christ.

Dans la tradition liturgique, toutes ces lectures ont été appelées « prophéties ». Même quand elles ne sont pas directement des annonces d’événements futurs, elles ont un caractère prophétique, elles nous montrent le fondement profond et l’orientation de l’histoire. Elles font en sorte que la création et l’histoire laissent transparaître l’essentiel. Ainsi, elles nous prennent par la main et nous conduisent vers le Christ, elles nous montrent la vraie lumière.

Directoire pour la catéchèse
La pédagogie de la foi (n° 157, 166)

La Révélation est la grande œuvre éducative de Dieu. En effet, elle peut aussi être interprétée de manière pédagogique. On y retrouve les éléments caractéristiques qui peuvent conduire à identifier une pédagogie divine, capable d’inspirer profondément l’action éducative de l’Église.

La catéchèse suit également les traces de la pédagogie divine. Dès le début de l’histoire du salut, la Révélation de Dieu se manifeste comme une initiative d’amour qui s’exprime dans de nombreuses attentions éducatives. Dieu a interpellé l’homme, à qui il a demandé une réponse. Il a demandé à Adam et Ève une réponse de foi, dans l’obéissance à son commandement ; dans son amour, malgré la désobéissance, Dieu a continué à communiquer la vérité de son mystère petit à petit, progressivement, jusqu’à la plénitude de la Révélation en Jésus-Christ.

Le chemin de Dieu qui se révèle et sauve, uni à la réponse de foi de l’Église dans l’histoire, devient la source et le modèle de la pédagogie de la foi. La catéchèse se dessine donc comme un processus qui permet la maturité de la foi par le respect de l’itinéraire de chaque croyant […]. L’Église est consciente que l’Esprit Saint agit efficacement dans la catéchèse : cette présence fait de la catéchèse une pédagogie originale de la foi.


❹  Bénédiction de l’eau baptismale

Pape François
Audience générale, place St-Pierre, mercredi 2 mai 2018

Chers frères et sœurs, bonjour !

En poursuivant ma réflexion sur le baptême, je voudrais aujourd’hui m’arrêter sur les rites centraux, qui se déroulent près des fonts baptismaux.

Considérons tout d’abord l’eau, sur laquelle est invoquée la puissance de l’Esprit, afin qu’elle ait la force de régénérer et de renouveler (cf. Jn 3, 5 et Tt 3, 5). L’eau est matrice de vie et de bien-être, alors que son absence provoque la disparition de toute fécondité, comme cela arrive dans le désert ; mais l’eau peut également être cause de mort, quand elle engloutit dans ses flots ou qu’en grande quantité elle renverse toute chose; enfin, l’eau a la capacité de laver, de nettoyer et de purifier.

À partir de ce symbolisme naturel, universellement reconnu, la Bible décrit les interventions et les promesses de Dieu à travers le signe de l’eau. Toutefois, le pouvoir de remettre les péchés ne se trouve pas dans l’eau elle-même, comme l’expliquait saint Ambroise aux nouveaux baptisés : « Tu as vu l’eau, mais toute eau ne guérit pas: l’eau qui guérit est celle qui a la grâce du Christ. […] L’action est celle de l’eau, l’efficacité celle de l’Esprit Saint » (De sacramentis 1, 15).

C’est pourquoi l’Église invoque l’action de l’Esprit sur l’eau, pour « que ceux qui recevront en elle le Baptême soient ensevelis avec le Christ dans la mort et, avec lui, ressuscitent à la vie éternelle » (Rituel du baptême de enfants, n° 60). La prière de bénédiction dit que Dieu a préparé l’eau « à être le signe du baptême » et elle rappelle les principales préfigurations bibliques : l’Esprit flottait sur les eaux des origines pour en faire des semences de vie (cf. Gn 1, 1-2) ; l’eau du déluge marqua la fin du péché et le début de la vie nouvelle (cf. Gn 7, 6-8, 22) ; à travers l’eau de la mer Rouge, les fils d’Abraham furent libérés de l’esclavage d’Egypte (cf. Ex 14, 15-31). En relation avec Jésus, on rappelle le baptême dans le Jourdain (cf. Mt 3, 13-17), le sang et l’eau versés de son côté (cf. Jn 19, 31-37), et le mandat aux disciples de baptiser tous les peuples au nom de la Trinité (cf. Mt 28, 19).

Forts de cette mémoire, on demande à Dieu d’insuffler dans l’eau des fonts baptismaux la grâce du Christ mort et ressuscité (cf. Rituel du baptême des enfants, n° 60). Ainsi, cette eau est transformée en eau qui contient la force de l’Esprit Saint en elle. Et avec cette eau possédant la force de l’Esprit Saint, nous baptisons les personnes, nous baptisons les adultes, les enfants, tout le monde.


❺  Rénovation des promesses baptismales

Pape François
Audience générale, place St-Pierre, mercredi 2 mai 2018

Chers frères et sœurs, bonjour !

L’eau des fonts baptismaux étant sanctifiée, il faut préparer le cœur pour accéder au baptême. Cela a lieu lors du renoncement à Satan et de la profession de foi, deux actes étroitement liés entre eux. Dans la mesure où je dis « non » aux suggestions du diable — celui qui divise — je suis en mesure de dire « oui » à Dieu qui m’appelle à me configurer à Lui dans les pensées et dans les œuvres. Le diable divise ; Dieu unit toujours la communauté, les gens en un seul peuple. Il n’est pas possible d’adhérer au Christ en posant des conditions. Il faut se détacher de certains liens pour pouvoir en embrasser vraiment d’autres ; ou tu es bien avec Dieu ou tu es bien avec le diable. C’est pourquoi la renonciation et l’acte de foi vont de pair. Il faut couper des ponts, en les laissant derrière soi, pour entreprendre la Voie nouvelle qu’est le Christ.

La réponse aux questions — « Renoncez-vous à Satan, à toutes ses œuvres et à toutes ses séductions ? » — est formulée à la première personne du singulier : « Je renonce ». Et de la même manière, la foi de l’Église est professée, en disant : « Je crois ». Je renonce et je crois : c’est à la base du baptême. C’est un choix responsable, qui exige d’être traduit par des gestes concrets de confiance en Dieu. L’acte de foi suppose un engagement que le baptême lui-même aidera à maintenir avec persévérance dans les diverses situations et épreuves de la vie. Rappelons-nous l’antique sagesse d’Israël : « Mon fils, si tu prétends servir le Seigneur, prépare-toi à l’épreuve » (Si 2, 1), c’est-à-dire prépare-toi à la lutte. Et la présence de l’Esprit Saint nous donne la force pour bien lutter.

Chers frères et sœurs, quand nous plongeons la main dans l’eau bénite — en entrant dans une église nous touchons l’eau bénite — et que nous faisons le signe de la Croix, pensons avec joie et gratitude au baptême que nous avons reçu — cette eau bénite nous rappelle le baptême — et renouvelons notre « Amen » — « Je suis heureux » —, pour vivre plongés dans l’amour de la Très Sainte Trinité.


❻  Anamnèse de la liturgie eucharistique

Benoit XVI
Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatis, 22 février 2007 (n° 10-11)

Nous sommes invités à réfléchir sur l’institution de l’Eucharistie au cours de la dernière Cène. Cela se produit dans le contexte d’un repas rituel qui constituait le mémorial de l’événement fondateur du peuple d’Israël : la libération de l’esclavage en Égypte. Ce repas rituel, lié à l’immolation des agneaux (cf. Ex 12, 1-28.43-51), était la mémoire du passé, mais en même temps cette mémoire était aussi prophétique, c’est-à-dire annonce d’une libération future. En effet, le peuple avait fait l’expérience du fait que cette libération n’avait pas été définitive, parce que son histoire était encore trop marquée par l’esclavage et par le péché. Le mémorial de l’antique libération s’ouvrait ainsi à la question et à l’attente d’une sagesse plus profonde, plus radicale, plus universelle et plus définitive.

C’est dans ce contexte que Jésus introduit la nouveauté de son offrande. Dans la prière de louange, la Berakah, il ne remercie pas le Père uniquement pour les événements de l’histoire passée, mais aussi pour son « exaltation ». En instituant le sacrement de l’Eucharistie, Jésus anticipe et intègre le Sacrifice de la croix et la victoire de la résurrection. Dans le même temps, il se révèle comme le véritable agneau immolé, prévu dans le dessein du Père dès avant la création du monde, ainsi qu’il est écrit dans la première lettre de Pierre (cf. 1, 18-20). En situant l’offrande de lui-même dans ce contexte, Jésus rend manifeste la signification salvifique de sa mort et de sa résurrection, mystère qui devient ainsi une réalité qui renouvelle l’histoire et le cosmos tout entier. L’institution de l’Eucharistie montre en effet que cette mort, en soi violente et absurde, est devenue en Jésus un acte suprême d’amour et pour l’humanité une libération définitive du mal.

De cette façon, Jésus insère son novum radical au sein de l’antique repas sacrificiel juif. Pour nous chrétiens, il n’est plus nécessaire de répéter ce repas. Comme le disent justement les Pères, figura transit in veritatem : ce qui annonçait les réalités futures a désormais laissé place à la vérité elle-même. L’ancien rite s’est accompli et il est définitivement dépassé à travers l’offrande d’amour du Fils de Dieu incarné. La nourriture de la vérité, le Christ immolé pour nous, dat figuris terminum. Par son commandement « Faites cela en mémoire de moi » (Lc 22, 19; 1 Co 11, 25), il nous demande de correspondre à son offrande et de la représenter sacramentellement. Par ces paroles, le Seigneur exprime donc, pour ainsi dire, le désir que son Église, née de son sacrifice, accueille ce don, développant, sous la conduite de l’Esprit Saint, la forme liturgique du sacrement. En effet, le mémorial de son offrande parfaite ne consiste pas dans la simple répétition de la dernière Cène, mais précisément dans l’Eucharistie, c’est-à-dire dans la nouveauté radicale du culte chrétien.

Jésus nous a ainsi laissé la mission d’entrer dans son « heure ». « L’Eucharistie nous attire dans l’acte d’offrande de Jésus. Nous ne recevons pas seulement le Logos incarné de manière statique, mais nous sommes entraînés dans la dynamique de son offrande ». Il « nous attire en lui ». La conversion substantielle du pain et du vin en son corps et en son sang met dans la création le principe d’un changement radical, comme une sorte de « fission nucléaire », pour utiliser une image qui nous est bien connue, portée au plus intime de l’être, un changement destiné à susciter un processus de transformation de la réalité, dont le terme ultime sera la transfiguration du monde entier, jusqu’au moment où Dieu sera tout en tous (cf. 1 Co 15, 28).